The Artist

On ne peut pas vraiment dire que j’attendais un nouveau film avec Jean Dujardin avec beaucoup d’impatience,  son jeu d’acteur enjôleur et expressif se perdant dans des films indignes de son talent, hormis quelques réussites comme Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief. C’est une petite sensation amère de voir ce genre d’acteur se perdre dans les eaux troubles de la comédie populaire française alors qu’on se doute bien qu’un projet artistique solide pourrait donner un résultat très intéressant, la carrière en dents de scie de Benoît Poelvoorde illustrant bien le danger qui guette ces acteurs volubiles.

Heureusement, il arrive qu’un rôle soit l’écrin parfait pour que l’acteur puisse exprimer tout son art, et The Artist va offrir à Jean Dujardin cette possibilité. Son personnage de George Valentin, égocentrique et charmeur, va lui permettre toutes les fantaisies et les mimiques possibles, nous enchantant par son expressivité sublimée par la période à laquelle se passe le film, à savoir la période charnière ou le cinéma muet devait laisser sa place au parlant, laissant des stars à l’abandon et en propulsant d’autres au firmament de la gloire. Le reste du casting est à l’avenant, Bérénice Bejo et John Goodman faisant également des merveilles. N’oublions le petit chien totalement craquant qui nous réserve en prime de belles séquences d’émotion.

The Artist (de Michel Hazanavicius) est un bel hommage au cinéma muet et une sacrée leçon de courage au milieu de tous ces blockbusters hollywoodiens décérébrés ! Même si le scénario est d’une facture extrêmement classique (ce qui rajoute du charme au film), cette jolie fable sur le narcissisme et l’égoïsme enveloppée dans une jolie histoire d’amour est un prétexte idéal pour exploiter avec malice et intelligence tout ce que le cinéma moderne apporte au cinéma muet et (surtout) vice-versa . Les trouvailles visuelles et sonores (voir l’incroyable séquence du rêve) abondent pour nous communiquer un vrai plaisir de cinéma, sans tomber non plus dans des clichés grossiers ou cyniques. La musique de Ludovic Bource accompagne parfaitement toute la bonne humeur et la douce nostalgie d’un temps révolu et fantasmé par de nombreux cinéphiles.  The Artist démontre une nouvelle fois la très bonne santé du cinéma français cette année avec cette oeuvre unique et audacieuse à découvrir impérativement sur grand écran !

(Vu à l’Amphi à Bourg-en-Bresse)


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3 commentaires pour The Artist

  1. Anthony dit :

    J’ai beaucoup aimé aussi. Je trouve que Jean Dujardin et Bérénice Béjo jouent magnifiquement bien

  2. Merci pour ton commentaire Anthony ! En effet, l’excellent jeu des acteurs principaux est un ingrédient essentiel à la magie de ce film.

  3. lemaf dit :

    Je n’ai pas accroché, je ne vois qu’un remake frenchy de « singing in the rain » (aussi dispo à la médiathèque de saint amour si je ne m’abuse)

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