Les Lyonnais

Après le traumatisant MR 73, j’attendais avec une impatience non feinte le nouveau film d’Olivier Marchal, Les Lyonnais. Armé d’un casting en béton et d’un sujet en or, tout était en place pour que l’ancien flic devenu réalisateur nous livre sa vision de ce genre de polars narrant la naissance, l’ascension puis la chute d’un groupe de gangsters ( tel Il était une fois en Amérique, Scarface, Romanzo Criminale et tant d’autres). Hélas, dès les toutes premières minutes du long-métrage, on sent que quelque chose ne tourne pas rond.

Ce qui était (entre autre) vraiment impressionnant avec MR 73 était la sensation que Olivier Marchal avait dépassé ses références cinématographiques (les films de Michael Mann en tête) pour plonger dans un univers sombre beaucoup plus personnel. Mais rien ne semble avoir été retenu de ce noir bijou et le réalisateur préfère revenir à une approche cinématographique ultra-référentielle. Dès le générique rock et creux, la note d’intention se dessine, nous allons assister à un défilé de tous les clichés du cinéma policier. A aucun moment ne nous sera épargné une situation déjà vue et revue et qui ne sera jamais transcendée par la réalisation de Marchal. Plus embarrassant encore, la désagréable impression de voir (et même d’écouter) une mauvaise copie d’un film de Michael Mann ou de Christopher Nolan se fait ressentir tout au long de cette réalisation lorgnant sans aucune virtuosité sur les réalisateurs de Heat et de The Dark Knight.

Voulant donner du rythme et de l’intensité à son film, Marchal nous impose de suivre l’histoire de ce fameux gang lyonnais à travers d’agaçants va-et-vient incessants et grossiers entre passé et présent, créant ainsi et bien involontairement un manque total d’immersion aidé par un très mauvais choix des acteurs situés dans le passé qui ne rappellent à aucun moment le physique et l’attitude des truands que nous suivons au présent.

Le montage censé être dynamique ajoute un peu plus aux artifices patauds qui plombent le film, tout comme les acteurs qui surjouent leur rôles et n’offrent aucune empathie ni charisme à leur personnage, le final ridicule étant l’apothéose de cet embarrassant ratage.

Le seul point positif des Lyonnais est le look des personnages : barbes, coiffures et fringues donnent une belle allure à ces gangsters de l’est. Bref, vous l’aurez compris, ce film est une énorme déception à la hauteur des espoirs que j’avais en lui. Espérons qu’Olivier Marchal se débarrasse une bonne fois pour toutes de ses fantasmes de réalisateur américain et renoue avec l’exceptionnel cinéma policier français des années 70 et 80 pour nous conter une histoire qui vienne de ses tripes.

Vu au cinéma L’Amphi à Bourg-en-Bresse

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