The Brown Bunny

Le cinéma indépendant américain a subi ces dernières années une énorme perte de vitesse. Des succès commerciaux comme celui de Miss Little Sunshine ne doivent pas cacher le profond malaise d’un cinéma d’auteur qui se cherche et ne se trouve pas, coincé entre des comédies pour quadras désabusés et…quoi d’autre d’ailleurs ? Il est loin le temps des années 90 ou explosait le talent de Quentin Tarantino (Reservoir Dogs) , Sofia Coppola (Virgin Suicides), Jim Jarmush (Dead Man), Larry Clark (Kids), Gregg Araki (The Doom Generation),etc… Parmi cette vague de films marquants, Buffalo ’66 de Vincent Gallo (connu jusque là comme acteur) fut une belle découverte, le narcissisme maladif du réalisateur (qui joue le rôle principal) évoquant un mal-être qui se répercute dans son rapport avec les autres (une émouvante histoire d’amour) et dans la vision d’une Amérique perdue dans son espace intérieur. C’est en 2003 que nous retrouvons Vincent Gallo au festival de Cannes pour y présenter son nouveau film, The Brown Bunny. Contenant une scène de fellation non simulée, le film choqua les uns et excita la curiosité des autres, les médias se faisant l’écho de ce petit scandale qui occulta les très grandes qualités de The Brown Bunny.

( Pas de vidéo du film, je vous invite donc à écouter ce magnifique morceau de la B.O)

Bud Clay est un pilote de moto traversant les USA pour rejoindre la Californie. Son voyage sera jalonné de brèves rencontres ou plane l’ombre d’une certaine Daisy… Gallo choisit de dépouiller sa narration à l’extrême pour faire jaillir toute la force des sentiments souterrains qui traversent des êtres errants et désenchantés. Voir, accepter et se laisser bercer par The Brown Bunny, c’est courir le risque de se soumettre à une introspection douloureuse sur la solitude, l’amour et le contact avec l’autre. Extrêmement contemplatif, le film de Vincent Gallo est pourtant un cri terrifiant sur le mal-être, les déchirures de l’âme inondent l’écran et se perdent dans d’immenses et magnifiques paysages américains.

Quand les dernières images de The Brown Bunny caressent nos yeux et nous font comprendre la détresse de Bud, on sait que le film va nous hanter pour longtemps, qu’une toute petite partie fragile de nous s’est perdue à tout jamais dans ce vide plein d’amour et de solitude. Très loin des carcans et des formules du cinéma traditionnel américain, The Brown Bunny est une expérience bouleversante et terrifiante pour qui saura apprécier cette oeuvre écrite, dirigée et produit par Vincent Gallo dont je conseille également le sublime album de folk neurasthénique When paru sur le label Warp en 2001.

 

 

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2 commentaires pour The Brown Bunny

  1. Et moi d’aller de ce pas me louer ce film 🙂

  2. Oh, j’espère que tu le trouveras facilement et que tu me donneras ton avis !

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