Concert Michel Cloup (duo) + Zero Absolu

C’est sous un soleil de plomb et une chaleur caniculaire que les amateurs de rock sonique se donnèrent rendez-vous à Bourg-en-Bresse pour assister à un concert organisé par la Tannerie dans la cour André Malraux de l’hôtel Marron de Meillonas qui abrite une galerie d’art contemporain ( les oeuvres de Vidya Gastaldon y sont exposées jusqu’au 29 Juillet).

L’affiche de ce concert se composa de deux artistes, Zero Absolu et Michel Cloup, qui partagent malgré leur différences musicales une exploration singulière du rock. C’est donc devant une assistance sympathique bien que clairsemée que Zero Absolu démarra sa performance. Pour avoir écouté quelques chansons sur son Myspace, je ne m’attendais pas du tout à découvrir un jeune homme seul sur scène (Nicolas Golaz) assurant à lui tout seul la gestion d’un clavier, d’une batterie électronique, d’une guitare et d’une ribambelle de pédales d’effets ! Armé de sa voix tantôt douce tantôt hurlante, Zero Absolu crée de toute pièces un son d’une puissance renversante, au carrefour du rock noisy, du hardcore et de l’électronique. Saturées d’effets et d’échos, les sonorités monolithiques écorchèrent les murs de l’hôtel et les passants surpris de découvrir cet homme-orchestre d’un nouveau genre à ne pas rater en concert. Après ce premier feu intense, je ne pouvais me rafraichir qu’en faisant l’acquisition de son dernier album « Autømn » vendu sur un petit stand, une manière pour moi de soutenir cet artiste et de m’immerger plus en profondeur dans sa musique.

Il était temps de passer au concert suivant avec Michel Cloup que les irréductibles du rock indépendant français connaissent bien pour avoir fait partie du groupe culte Diabologum avant d’aller explorer d’autres univers musicaux notamment avec Expérience, formation qui incluait le batteur Patrice Cartier que l’on retrouvait avec plaisir ce soir à la batterie. Cela démarra comme un songe électrique, bardé de poésie, de colère rentrée et de regrets terribles, les musiciens plongèrent sans retenue dans leur univers et engouffrèrent le monde entier avec eux.

Comment décrire avec des mots l’expérience sonore dantesque et hallucinante vécue ce soir-là ? Il y a dans les paroles de Michel Cloup une telle lucidité poétique qu’elle terrasse en un éclair toute la superficialité du monde, il y a dans cette guitare habitée de larsens éprouvants un pouvoir d’incantation effrayant auquel il est impossible de s’échapper, et il y a dans le jeu de batterie incroyable de Patrice Cartier une telle force primaire, quasi préhistorique, qu’il nous rappelle à quel point le rock peut être essentiel et brutal. Ce concert de Michel Cloup fut un coup de tonnerre assommant l’auditoire prisonnier de cette expérience sonore rare et précieuse à découvrir impérativement. Un grand merci à l’équipe de la Tannerie qui a créé une très belle affiche qui n’a rien à envier aux programmes commerciaux et sans âme des Eurockéennes et autres festivals d’été. Contrairement aux apparences, le rock indépendant n’est pas mort, il est simplement ailleurs !

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