La Mort d’Ivan Ilitch

Pour mon tout premier contact avec la littérature russe, j’ai porté mon dévolu sur un recueil de nouvelles de Léon Tolstoï parmi lesquelles figure « La Mort d’Ivan Ilitch« . Après un premier chapitre on l’on observe juges et procureurs réagir à la mort de l’un des leurs avec un certain détachement hautain , le récit bifurque sur une description de la vie passée de celui qui vient de les quitter, l’illustre Ivan Illitch. Comme toujours avec les grands auteurs, j’aimerais beaucoup connaître la langue de l’auteur (ici le russe en l’occurrence) pour apprécier à sa juste valeur toute la force du texte original. En l’état, le style est clair, percutant et possède une touche unique et incroyable à lire, à la fois terriblement grave mais aussi dotée d’un certain ton grinçant très subtil et proprement irrésistible. Est-ce une particularité de l’esprit russe ou de l’auteur en particulier ? J’attendrais de lire d’autres ouvrages russes avant de me prononcer. La Mort d’Ivan Ilitch fait partie de ces livres dont il est impossible de décrocher une fois la première page tournée. La description de la vie « parfaite » et « comme il faut » de Ivan Ilitch est, sous la plume de Tolstoï, d’une ironie sous-jacente nous préparant lentement et impitoyablement à la chute terrifiante de ce juge respecté et aimé de tous.

Car dès que la maladie s’installe dans le récit, ce dernier devient purement terrifiant et impitoyable avec ses personnages. En plus de la douleur physique insupportable s’ajoute une torture morale épouvantable qui met le juge face-à-face avec une vie faite de mensonges, de bassesses et de faux-semblants. C’est une leçon impitoyable que nous assène l’auteur par le biais d’Ivan Illitch : l’être humain qui accepte de son plein gré de courber l’échine pour progresser en société, de renier sa personnalité profonde et de se priver ainsi d’une existence unique et créative, de se mettre en ménage et fonder une famille non pas par amour mais par conformisme social, prends le risque de subir un retour de bâton à la hauteur de sa « corruption » intérieure. Tolstoï se sert donc magistralement du thème de la mort pour parler du sens que nous donnons à nos vie. Un livre plus que parfaitement réussi, absolument nécessaire. Il est à noter que la lecture de Trois morts et surtout de Maître et serviteur (un récit envoûtant à la lisière du fantastique) est également vivement conseillée !

(Portrait de Léon Tolstoï. Par Ilia Répine)

Livre acheté à Cultura, Bourg-en-Bresse.

 

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