Les Adieux à la Reine

Le cinéma dit d’ « époque » ou « historique » est un genre très agréable à voir sur grand écran. La richesse des décors et des costumes, l’immersion dans une époque révolue et fantasmée, la narration subjective d’un évènement historique, tout cela participe à un spectacle grandiose aux sentiments exacerbés. Ce genre a traversé l’histoire du cinéma avec des traitements très différents,citons Amadeus de Milos Forman, Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears et le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, Barry Lyndon, dans la liste des grandes réussites à voir et à revoir.

A l’évidence, après toutes ces décennies, le film d’époque accumula nombre de clichés et cela est devenu une gageure de donner du sang neuf à ce style précieux. Que l’on aime ou pas Marie-Antoinette de Sofia Coppola, force est de reconnaître que sa relecture Pop adolescente a dépoussiéré de manière originale tous les passages obligés de ce type de productions. Au vu de l’excellente santé artistique du cinéma français, Les Adieux à la Reine  de Benoît Jacquot était attendu au tournant, d’autant que le scénario ne laissant pas prévoir une originalité folle (les derniers jours de la royauté vu par une servante), on pouvait donc espérer une approche graphique surprenante…

Hélas, il ne faut pas cinq minutes pour que le film dévoile son idée « géniale  » pour moderniser le film d’époque : le zoom ! Il faut imaginer cette scène ou une jeune fille montre à une amie éloignée dans le couloir un gros rat qu’elle tient à la main, et soudain…Gros zoom sur le rat ! On se dit avec inquiétude que cette astuce lamentable n’est qu’une faute de goût passagère qu’on tâchera d’oublier, mais tout le long-métrage sera constellé de grotesques mouvements de caméra insistant lourdement sur l’action en cours ou les sentiments dévoilés, rendant la projection des Adieux à la Reine franchement pénible.

Et ce n’est certes pas du côté du scénario que nous allons pouvoir nous consoler. Dans une pseudo-ambiance saphique, nous subissons, atterrés, des prestations égarées d’actrices ne sachant comment jouer leurs rôles très mal écrits et une avalanche de clichés et de défauts cinématographiques qui énervent plus qu’ils ne font rire. Dommage, car Les Adieux à la Reine aurait pu être un film très intéressant en décrivant de l’intérieur la chute d’un royaume, de perdre le spectateur sous les décisions politiques du Roi de France, de lui faire ressentir les caractères des personnages se briser ou se forger à l’annonce de terribles événements, mais pour tout cela, il faudra encore patienter un peu…

(vu au cinéma de la Chevalerie, Saint-Amour)

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2 commentaires pour Les Adieux à la Reine

  1. Pauline dit :

    Han ouais, c’est vrai que c’était nul !

    (Si tu veux un résumé pour ton article, tu peux utiliser mon commentaire sans problèmes)

    Cordialement Bisous

    Pauline

  2. Mais oui, Pauline, c’est vrai que ce navet ne méritait pas autant de travail même si mon article est très court, mais quand même, quand je lis certaines critiques dithyrambiques sur ce « joyau », il est bon qu’une voix s’élève pour dénoncer l’arnaque ! Grosses bises et à Samedi !

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