Le Hobbit : Un Voyage Inattendu

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Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien  fut pendant très longtemps considéré comme l’un des romans les plus inadaptable au cinéma. La multiplication des personnages et des intrigues, le monde foisonnant de la Terre du Milieu, toute la richesse de ce fabuleux roman semblait impossible à retranscrire sur grand écran.

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Mais le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, adulé à juste raison par une énorme horde de passionnés du cinéma fantastique (c’était bien avant cette appellation péjorative de « geek »), ne l’entendit pas de cette oreille et annonça sa folle intention de s’attaquer à l’adaptation monumentale du roman de Tolkien. Certaines mauvaises langues (oubliées depuis) avaient prédit la ruine du studio New Line, complétement fou d’avoir laissé un projet aussi pharaonique entre les mains d’un vulgaire réalisateur de films gore.

Le résultat, on le sait, dépassa toutes les espérances et proposa autant une vision personnelle de l’univers de Tolkien par Jackson qu’une assimilation généreuse de toutes les pratiques artistiques fortement influencées par l’univers de Tolkien (tel que les jeux de rôle, les jeux vidéo et la peinture). Pur chef-d’œuvre du cinéma moderne qui utilisa tous les outils technologiques pour narrer une fresque imaginaire, Le Seigneur des Anneaux      imposa au monde une nouvelle forme au cinéma épique et populaire. Pleine de fureur et de poésie, cette magnifique saga s’imposa même aux frileux Oscars en alignant 11 statuettes pour le dernier volet, le magistral Retour du Roi.

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Quand la décision fut prise d’adapter Le Hobbit, la joie fut grande chez les cinéphiles d’apprendre que Guillermo Del Toro en personne allait réaliser ce merveilleux conte de Tolkien, épaulé par Peter Jackson et sa production au savoir-faire inestimable. La perspective de voir le réalisateur de l’envoutant Labyrinthe de Pan donner sa vision de ce grand classique de la littérature enfantine fut enrayée par de multiples et incontrôlables problèmes de production. Guillermo Del Toro, la mort dans l’âme, finit par abandonner le projet déjà bien entamé de deux longs-métrages consacré au Hobbit. Contre toute attente, alors que l’on croyait l’adaptation perdue, Peter Jackson annonce qu’il réalisera Le Hobbit, et que ce ne seront pas deux films qui verront le jour pour raconter les aventures de Bilbon, mais carrément une nouvelle trilogie !!!

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Si la nouvelle enthousiasma la plupart des fans du réalisateur et de la précédente trilogie, certains (comme moi) éprouvèrent beaucoup d’inquiétude à ce changement aussi soudain. En effet, malgré le fait de partager un univers commun, les romans du Hobbit et du Seigneur des Anneaux sont très différents l’un de l’autre. Alors que l’imposante trilogie peut être lu comme un livre d’histoire foisonnant et extrêmement précis, le petit conte est quant à lui une évocation feutrée, poétique et magique de la Terre du Milieu.

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De plus, il me semblait qu’en terme de réalisation épique, Peter Jackson avait perfectionné son style à l’extrême avec l’impressionnant remake de son film culte, King Kong. Les premières photos et bandes-annonces augmentèrent ma crainte de voir les caractéristiques propres au Hobbit se faire diluer dans un remake artistique et technique du Seigneur des Anneaux, un choix aussi rassurant que roublard de la part du réalisateur néo-zélandais…

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Hélas, tout le problème du Hobbit se trouve dans cette volonté de Peter Jackson d’inscrire son film dans la vision thématique et esthétique propre au Seigneur des Anneaux. Non seulement aucun effort n’est fait pour donner une autre patine à ce premier volet, mais pire que tout, Le Hobbit est caviardé de clins d’œil peu discrets pour rappeler au spectateur distrait qu’on est bien dans le même univers que la précédente trilogie. Ainsi, toutes les qualités de réalisation de Peter Jackson deviennent ici des tics insupportables : personnages hurlant au ralenti, héros au bord du vide, travellings aériens sur des prés ou des montagnes,etc. Howard Shore participe à cette entreprise en livrant une partition recyclant mollement tous les thèmes du Seigneur des Anneaux, mis à part l’émouvant thème des Nains, apportant d’ailleurs une touche originale tant attendue.

Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple flagrant du personnage joué par Christopher Lee, Saroumane. Alors que la rencontre entre ce très grand magicien blanc et Gandalf le Gris aurait pu être l’occasion à Peter Jackson d’approfondir sa saga en montrant les profonds liens d’amitié qui unissaient ces deux êtres, on assiste médusé à une prestation d’un Saroumane vindicatif et hautain, forçant bêtement et inutilement le spectateur à faire le lien avec le Saroumane du Seigneur des Anneaux. Un manque de subtilité effrayant qui se retrouve plus ou moins dans tous les personnages de l’ancienne trilogie. Les nouveaux protagonistes sont juste esquissés (mis à part Thorïn, décalque d’Aragorn), il aurait été peut-être plus pertinent de développer leur caractères plutôt que d’insister dans des scènes inutiles sur les relations entre l’ancienne et cette nouvelle trilogie. Symbole de l’étrange désincarnation des personnages, Bilbon est interprété avec fadeur par Martin Freemann, l’espièglerie joyeuse de ce débonnaire Hobbit n’étant jamais représenté de façon convaincante à l’écran. On est loin de la très belle interprétation de Elijah Wood, incarnant un Frodon émouvant par sa fragile naïveté.

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Peter Jackson passe complétement à côté des plus grandes scènes du roman;  je ne m’étendrais pas sur la désastreuse scène des Trolls, mais celle de Gollum mérite quelques commentaires. Malgré la merveille artistique et technologique que représente Sméagol (les gros plans de la créature sont hallucinants de réalisme), la séquence de la grotte est bien loin de l’atmosphère lugubre, sombre et poisseuse que l’on trouve dans le roman. Peter Jackson préfère quitter la créature sur un cri de rage plutôt que sur un plan anthologique d’un être pathétique prisonnier de lui-même, contraint de fuir la lumière et le regard des autre.

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Fort heureusement, le travail de Guillermo Del Toro transpire par moment à l’écran, notamment à travers des créatures du mal, effrayantes à souhait ! A ce propos, l’orque pâle Azog est une vraie réussite, son charisme maléfique faisant des merveilles à l’écran. Je ne peux que laisser mon imagination vagabonder au film qu’aurait réalisé Guillermo Del Toro, plus sombre mais plus féérique, plus terrifiant mais plus émouvant aussi… Histoire d’enfoncer le clou, j’ai pu bénéficier d’une projection optimale, en 3D et en 48 fps (ou HFR), le résultat est bluffant de réalisme, d’hyper-réalisme même, perdant par la même occasion le voile magique (la fameuse « suspension d’incrédulité ») propre à l’art cinématographique. Il se peut qu’un visionnage « traditionnel » du Hobbit me fasse changer d’avis, mais en l’état, c’est une bien cruelle déception qui m’a été infligée. La suite du voyage se fera sans moi…

THE HOBBIT: AN UNEXPECTED JOURNEY

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11 commentaires pour Le Hobbit : Un Voyage Inattendu

  1. Pauline dit :

    Comme je te trouve dur avec ce film ! Même si en même temps je suis incapable de réfuter tes arguments… Cela fait extrêmement longtemps que j’ai lu Le Hobbit, et quand je suis allée voir le film, je n’avais pas toute l’histoire en tête. J’étais un peu septique au départ, car faire trois films d’un conte pour enfants me paraît vraiment démesuré. Je suis toujours d’accord avec ça.
    Le point de ton argumentaire qui le gêne le plus concerne la musique. Non, ce n’est pas mou ! Et c’est normal que ça se ressemble ! C’est quand même le même univers ! Ce qui m’aurait choquée c’est au contraire si ça avait été complètement différent… Et ça contre un autre de tes arguments, qui dit que Le Hobbit ressemble trop au SDA… Oui, mais, encore une fois, même univers ! Pour moi, ça été un plaisir de retrouver tout cet univers familier, de me retrouver en Comté encore une fois, de prolonger mon plaisir…

    Enfin bon, je ne me sens pas capable de contrer tus tes arguments, et je dois bien avouer, que même si il y a quelques points positifs, ce n’est pas pour moi le film de l’année, principalement parce qu’on ne peut pas faire trois films avec ce si petit livre, on sent des longueurs, et les pieds des hobbies sont trop moches quoi !!! Mais j’ai bien aimé les nains quand même, et Martin Freemann aussi, j’ai trouvé qu’il jouait bien le Bilbon sédentaire, qui ne veut surtout pas vivre d’aventure ! Il faut le laisser se dégourdir ce pauvre Bilbon, on n’en est qu’au premier volet de ses aventures !

    Je n’attendrais pas les prochains comme j’ai pu attendre les SDA, mais j’irais quand même les voir avec plaisir… Et dis moi, où as tu bien pu voir ce film dans ses conditions optimales ? Même à Dijon on n’y a pas eu droit !!

    Bin, je crois que j’ai fait le tour ! Une bises, et à très bientôt j’espère !

  2. Julien dit :

    Tellement de choses ont déjà été dit dans Le Seigneur Des Anneaux sur ce qui l’a précédé, que j’ai déjà l’impression de connaître cette histoire. Ta critique confirme mon envie de ne pas le voir.

  3. mperruche dit :

    Tout d’abord meilleurs voeux, bonne année, bonne santé etc…
    Ensuite pour Pauline : les conditions optimales se trouvent à l’Amphi de Bourg-en-Bresse

    ‘Non seulement aucun effort n’est fait pour donner une autre patine à ce premier volet, mais pire que tout, Le Hobbit est caviardé de clins d’œil peu discrets pour rappeler au spectateur distrait qu’on est bien dans le même univers que la précédente trilogie.’ >>>> La terre du milieu est millénaire, elle ne peut pas changer autant en 60 ans! C’est donc normal que les décors soient les même.

    ‘Ainsi, toutes les qualités de réalisation de Peter Jackson deviennent ici des tics insupportables : personnages hurlant au ralenti, héros au bord du vide, travellings aériens sur des prés ou des montagnes,etc.’>>>> C’est malheureusement une recette qui fonctionne très bien pour ce genre de film à grand spectacle, concernant les décors le trajet emprunte (souvent) celui du SDA donc logique de retrouver les même lieux.

    ‘une partition recyclant mollement tous les thèmes du Seigneur des Anneaux’ >>>> c’est volontaire! Dans le SDA il y a beaucoup d’instruments pour représenter les différentes races, alors que là on ne retrouve que deux de ces races, du coup ils ont réduit les instruments, ce n’est pas plus mou c’est juste moins dense!

    ‘Alors que la rencontre entre ce très grand magicien blanc et Gandalf le Gris aurait pu être l’occasion à Peter Jackson d’approfondir sa saga en montrant les profonds liens d’amitié qui unissaient ces deux êtres, on assiste médusé à une prestation d’un Saroumane vindicatif et hautain, forçant bêtement et inutilement le spectateur à faire le lien avec le Saroumane du Seigneur des Anneaux’>>>> Ma mémoire me fait défaut, je me souviens juste que Saroumane a toujours été le big boss, mais pour leur éventuelle amitié aucun souvenir (ni de Bilbo, ni des appendices, ni du Silmarillion) donc je t’accorde ce point.

    ‘Bilbon est interprété avec fadeur par Martin Freemann, l’espièglerie joyeuse de ce débonnaire Hobbit n’étant jamais représenté de façon convaincante à l’écran.’>>>> Bilbon est espiègle dans le SDA parce qu’il en est ainsi dans le livre, mais dans Bilbo j’ai souvenir d’un héros toujours larmoyant, se demandant sans cesse ce qu’il fait là, transmettant les plaintes de son estomac.
    Je pousse le parallèle avec Harry Potter, tout d’abord j’ai vu les films, je trouvais Daniel Radcliff nullissime, puis j’ai lu les livres, et alors je me suis rendu compte que son jeu d’acteur inexpressif correspond… totalement au personnage!!! Eh bien c’est la même chose pour le rôle de Bilbon jeune et âgé, sa personnalité évolue.

    ‘Peter Jackson passe complétement à côté des plus grandes scènes du roman; je ne m’étendrais pas sur la désastreuse scène des Trolls’>>>> de mémoire c’est fidéle au film.

    , ‘Malgré la merveille artistique et technologique que représente Sméagol (les gros plans de la créature sont hallucinants de réalisme), la séquence de la grotte est bien loin de l’atmosphère lugubre, sombre et poisseuse que l’on trouve dans le roman. Peter Jackson préfère quitter la créature sur un cri de rage plutôt que sur un plan anthologique d’un être pathétique prisonnier de lui-même, contraint de fuir la lumière et le regard des autre.’>>>> Là je suis mitigé, Bilbon ne découvre plus l’anneau par hasard et il fait ‘jour’ dans la grotte… Avec des mots c’est facile de retranscrire une histoire qui se déroule dans le noir absolu, sur un écran ce n’est pas la même affaire, je trouve aussi que cette scène est bâclée mais je ne vois pas non plus de manière de la rendre fidèle au livre et/ou crédible

    ‘Histoire d’enfoncer le clou, j’ai pu bénéficier d’une projection optimale, en 3D et en 48 fps (ou HFR), le résultat est bluffant de réalisme, d’hyper-réalisme même, perdant par la même occasion le voile magique (la fameuse « suspension d’incrédulité ») propre à l’art cinématographique.’ pour l’avoir vu en 3D 24 images puis en 3D 48 images je ne peux que être d’accord. ( ma copine a eu mal à la tête à la séance 24 images et l’a trouvé reposant en 48 images).

    – Il ne pond pas d’histoire d’amour, c’est bien
    – Il pioche dans les appendices, le silmarillion et autres notes, ce qui rend le contenu tout de suite plus conséquent, pour moi la trilogie est crédible.

  4. A Pauline : Merci d’avoir pris le temps de poster un commentaire ! Ainsi, toi aussi, tu l’as vu.
    Alors, pour la musique, je la trouve assez molle dans le sens ou elle ne fait que reprendre la musique de la trilogie précédente en enlevant des éléments, un choix logique mais paresseux à mon goût. Et pour la ressemblance avec SDA, justement, là ou fut très grande ma déception, c’est que Jackson ne fait absolument rien pour nous proposer un autre point de vue sur cet univers ! C’est précisément sur ce point que je trouve le film raté (ça y est, je l’ai dit !), la vision de la Terre du Milieu n’est pas la même quand on lit BILBO et SDA, c’est un point de vue plus enfantin, plus simple et naïf (ce n’est pas péjoratif) et je trouve extrêmement dommage que Jackson préfère jouer sur la nostalgie des spectateurs plutôt que d’oser une vision différente de la Terre du Milieu. D’ailleurs, pour conforter mon propos, son choix initial de prendre un autre réalisateur (et pas l’un des moindres) signifiait que Jackson avait compris qu’il n’avait artistiquement plus rien de neuf à dire et qu’une autre vision serait nécessaire. Je pense en toute franchise que le projet était trop avancé financièrement et qu’il ne pouvait pas faire autrement que d’aller au charbon. Cet état d’esprit se retrouve dans le 1er volet, ou on ne sent absolument pas la nécessité absolue de chaque image qui imprégnait la précédente trilogie, et ceci explique à mon avis le manque d’incarnation des personnages…
    Quant à Bilbo, tu as raison, je veux bien voir comment va évoluer le personnage que j’ai vraiment trouvé trop lisse.
    Bises et à très bientôt !

  5. A Julien : c’est exactement mon avis. Tous les liens ajoutés par Jackson ne font qu’annoncer des événements à venir qui n’ont aucune importance dans l’histoire de Bilbo. Finalement, en y réfléchissant bien, Jackson a fait la même erreur que Lucas avec sa prélogie et le pseudo-suspense sur l’identité de Palpatine, il nous parle de menaces à venir que nous connaissons déjà, je ne vois absolument pas l’intérêt de la chose. A moins que ce soit pour des éléments inédits à venir, dans ce cas, wait and see…

    • Julien dit :

      Je pense qu’il y a une inversion de compréhension : c’est parce que dans Le Seigneur Des Anneaux il y a déjà beaucoup d’explications des événements qui l’ont précédé, que Le Hobbit devient inutile (à voir). Je ne suis pas d’accord sur ta vision de Palpatine dans Star Wars : je me souviens, à la sortie de l’Episode I, qu’il y avait un questionnement sur le lien entre le Sénateur de Naboo et Dark Sidious (moi-même j’avais émis l’hypothèse de jumeaux dans mon courrier paru dans L’écran Fantastique n°192) ; l’erreur de Lucas, et sans doute celle de Peter Jackson dans ce film, est d’avoir voulu satisfaire les fans de la précédente trilogie (en révélantle lien entre Dark Vador et Anakin Skywalker : je suis toujours persuadé qu’il y avait moyen de ne pas le faire) au détriment de l’histoire et surtout des nouveaux spectateurs (qui ne connaîtront jamais plus la surprise du « Luke ! Je suis ton père ! ») ; contrairement à Le Seigneur Des Anneaux, la trilogie classique de Star Wars était épurée de toutes références au passé car l’Ordre nouveau de l’Empire l’avait effacé. J’aime beaucoup ta prudence finale dans ta réponse car il est vrai qu’il est toujours mieux de juger une oeuvre prévue en plusieurs parties à la fin de sa réalisation.

  6. A Matthieu : je me doutais que ma charge allait provoquer une réaction de ta part, merci pour ton commentaire !
    « La terre du milieu est millénaire, elle ne peut pas changer autant en 60 ans! C’est donc normal que les décors soient les même. » Oui, et je ne dis pas le contraire. Ce que je veux dire, c’est qu’un même décor peut être filmé de façon très différente, et que Jackson joue sur la fibre nostalgique des fans de la trilogie pour recopier bêtement son travail, je trouve ça vraiment dommage.

    « C’est malheureusement une recette qui fonctionne très bien pour ce genre de film à grand spectacle, concernant les décors le trajet emprunte (souvent) celui du SDA donc logique de retrouver les même lieux. » C’est quand dommage qu’un réalisateur de la trempe de Peter Jackson se limite à utiliser des recettes qu’il a lui même conçu ! Et je persiste à dire qu’il ait vraiment regrettable que les décors n’aient pas été mis en scène d’une autre manière.

    « c’est volontaire! Dans le SDA il y a beaucoup d’instruments pour représenter les différentes races, alors que là on ne retrouve que deux de ces races, du coup ils ont réduit les instruments, ce n’est pas plus mou c’est juste moins dense! » C’est le même problème que je reproche au long-métrage, utiliser la musique du SDA pour illustrer les aventures de Bilbo relèvent pour moi plus de la paresse que de la cohérence artistique.

    « Eh bien c’est la même chose pour le rôle de Bilbon jeune et âgé, sa personnalité évolue. » Certainement, et la trilogie complète nous dira dans quelle direction évoluera Bilbon. Néanmoins, j’ai trouvé le personnage beaucoup trop lisse, il manque de gourmandise et de couardise !

    « de mémoire c’est fidéle au film. » Je suppose que tu voulais écrire « fidèle au livre », je te laisse relire ce merveilleux passage, pour moi, cette séquence du film passe complétement à côté des dialogues croustillants des Trolls et la chute perds cruellement de la poésie initiale.

    Je comprends tout à fait que l’on soit admiratif de ce « Hobbit » si on accepte la perspective de voir fusionner le récit dans une grande fresque réunissant 6 films. Hélas, pour moi, ce n’est pas ce que j’attendais et espérais de ce retour en Terre du Milieu. Comme un lecteur qui lit le SDA et qui découvre ensuite LE HOBBIT, le spectateur aurait pu découvrir une vision plus enfantine et entraînante d’un univers qu’il connaissait bien. Or, Jackson choisit confortablement de ne brusquer personne et de livrer une vision identique de la Terre du Milieu. Un manque d’audace créative qui me laisse un gout amer…

  7. Histoire d’alimenter la conversation, voici un article intéressant sur ce qu’aurait pu être Bilbo par Guillermo Del Toro : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/A-quoi-aurait-ressemble-Le-Hobbit-de-Guillermo-Del-Toro-3595640

  8. Un commentaire intéressant de Cham sur le forum Mad Movies (à propos de la séquence avec Gollum) :
    « …d’après moi, la grosse erreur a été de conserver direct le délire de la dualité de Gollum en nous laissant entrapercevoir son côté faible… Alors que dans mes souvenirs il apparait clairement comme un prédateur inquiétant qui bouffe des cadavres de Goblins et avance doucement sur sa barque, dans l’obscurité, ne laissant apparaitre que ces yeux luisants…

    Donc, déjà la grotte est extrêmement éclairée, ce qui zappe l’idée de cette créature qui se faufile dans l’obscurité… Pourtant il y a de brefs plans qui montrent que ça aurait pu fonctionner: lorsqu’on voit la silhouette de Gollum se découper avec ses deux yeux vitreux reflétant la lumière de la grotte pour aller chercher le goblin assommé et lui fracasser le crane tout en chantonnant… Mais le reste de la scène est assez décevant, on ne sent pas vraiment de danger ni de tension dans cette confrontation et du coup à la fin quand Bilbo l’épargne, c’est là qu’on aurait du se rendre compte à quel point la créature est pathétique et désemparée, perdue comme un toxico en manque… Mais forcément, là ça ne fonctionne pas puisque PJ nous ressort d’entrée le grand jeu du Gollum schizo le tout éclairé comme en plein jour…

    Je soupçonne PJ d’avoir fait ce choix dans le seul but d’en mettre plein la vue avec la performance capturedu personnage. Sauf que ça casse tout l’intérêt de ce passage d’autant qu’on aura déjà profité du procédé dans la trilogie du SdA…

    Si il y a un film où Gollum doit être effrayant c’est dans celui-là… »

  9. Une vidéo très sympathique qui annonçait bien des craintes qui se révélèrent fondées :

  10. Ping : Livres audio : Le Hobbit, J.R.R Tolkien et American Psycho, Bret Easton Ellis | C'est arrivé près de chez moi

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