Oslo, 31 Août

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Il existe de nombreuses façon de parler de la drogue au cinéma . On peut suivre l’ascension iconique d’un voyou grâce au trafic de cocaïne dans Scarface (Brian de Palma, 1983), traiter de manière originale l’addiction aux stupéfiants dans Requiem for a Dream ( Darren Aronofsky, 2000),  ou encore tenter de donner une vision globale du problème de la drogue dans Traffic (Steven Soderbergh, 2000).

936full-drugstore-cowboy-screenshot(Matt Damon et Kelly Lynch dans Drugstore Cowboy)

A mon sens, les longs-métrages les plus intéressants sur ce sujet brûlant se situent plutôt lorsque l’histoire du film nous conte  le parcours physique et psychologique du point de vue d’une personne droguée. C’est l’occasion pour les cinéastes de sortir des discours moralisateurs et de proposer un regard différent, souvent absurde, de notre société à travers le regard d’un personnage déchiré, dans tous les sens du terme ! Parmi les plus belles réussites du genre, je citerais le sublime Drugstore Cowboy (Gus Van Sant, 1989), Trainspotting (Danny Boyle, 1996) et le déjanté Las Vegas Parano (Terry Gilliam, 1998). Des portraits de junkies tour à tour sexy, paumés ou hilarants qui laissent des traces (blanches ?) dans l’histoire du cinéma.

A priori, Oslo, 31 Août n’a pas grand  chose à voir avec ses prédécesseurs. Ce film norvégien de Joachim Trier est adapté d’un roman de 1931 écrit par Drieu La Rochelle, Le Feu Follet. Serait-on en face d’un film d’auteur sombre, réaliste et larmoyant ? En suivant pas à pas la  journée d’un junkie (magnifique Anders Danielsen Lie) sorti d’un centre de désintoxication, le film touche en plein coeur, et parle, au-delà de son sujet, du mal-être, de la vie et de nos places dans notre société moderne. Partout, Anders cherche une lueur, une raison suffisante de reprendre le jeu des apparences sociales, mais ne trouve autour de lui que des gens paumés et prisonniers d’un rôle formaté pour convenir aux conventions que nous nous sommes imposés.

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En caricaturant, on pourrait penser que Oslo, 31 Août est le double noir, réaliste et introverti du tonitruant Trainspotting. Mais ce ne serait pas faire honneur à ce sublime long-métrage, aussi émouvant que désenchanté. L’excellente utilisation de la scène électro-pop actuelle (Daft Punk, Sébastien Tellier, Chromatics, Glass Candy) donne une pulsation au film qui l’empêche ainsi de basculer dans des abîmes de noirceur.  Oui, Oslo, 31 Août  est une promenade dévastatrice dont on sort marqué et groggy, qui nous pousse à faire un pas de côté avec ce jeune homme de 34 ans et de regarder le monde avec une lucidité terrifiante.

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