Papo & Yo

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Qu’est ce que le jeu vidéo aujourd’hui ? Doit-on le résumer au succès démesuré de séries  comme Call Of Duty ou Pro Evolution Soccer (arrivé en tête des ventes de produits culturels tous supports confondus) ? Doit-on le voir comme le dernier avatar de la consommation culturelle, abreuvant les joueurs du monde entier de titres très aboutis techniquement mais extrêmement pauvre sur le plan artistique ? D’ailleurs, comment doit-on considérer le jeu vidéo ? Comme un art balbutiant ou comme un agréable divertissement ?

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Ces questions sont évidemment obsolètes pour qui s’intéresse d’assez près au jeu vidéo. Comme le cinéma ou la musique, le déchaînement médiatique d’un titre ou d’un genre cache bien souvent des sorties aussi discrètes que passionnantes et qui n’hésitent pas à sortir des sentiers battus. Cette salutaire alternative nous vient aujourd’hui des studios indépendants qui font passer les grosses machines commerciales au rang de dinosaures vidéo-ludiques.

papo-yo-pc-1367246006-006A priori, Papo & Yo présente tous les aspects d’un joli jeu de plates-formes pour un jeune joueur. L’univers latino-américain dans lequel nous évoluons est somptueux et reposant, et il n’est pas rare de s’arrêter pour admirer l’architecture de maisons aux couleurs chatoyantes ou de très beaux graffitis. De même, la musique accompagne subtilement cette ambiance de torpeur tranquille, même si un très léger sentiment d’angoisse est également au rendez-vous…

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Le gameplay de Papo & Yo est d’une désarmante simplicité. On avance dans le jeu en résolvant des énigmes plus ou moins compliquées. A partir de ce fait se dévoile tout le charme du jeu : la facilité n’est là que pour mettre en avant toute la poésie paisible qui est sous nos yeux. Mais peut-être que le joueur moderne gavé de vaines prouesses technologiques ne saura-t-il pas apprécier le touchant mouvement maladroit des bâtiments qui s’encastrent les uns aux autres.

Mais au sein de cette apparente douceur se cache pourtant un drame terrible. Encore une fois, ce qu’on pourrait considérer pour un manque de profondeur psychologique donne l’occasion de faire des personnages de Papo & Yo des symboles forts, qui permettent ainsi à chaque joueur de se projeter en eux tout en côtoyant leurs émotions. Certains thèmes sont aussi rares que difficiles à aborder dans le jeu vidéo et il est évident que le créateur de Papo & Yo avait quelque chose de profond à exprimer.

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Ainsi, les accès de fureur du monstre Papo à l’encontre du petit garçon Quico sont absolument terrifiants et marquent beaucoup plus le joueur que les hordes de zombies qui inondent les jeux vidéo actuels. Ce monde imaginaire et émouvant nous quitte sur un final magistral, laissant le soin au joueur d’apporter ses propres réflexions sur ce qu’il vient de vivre. Malgré quelques petites carences techniques, Papo & Yo est l’un de ces jeux que l’on oublie pas, qui nous accompagne et qui font honneur à l’évolution thématique du jeu vidéo.

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2 commentaires pour Papo & Yo

  1. Julien P.B. Salisson dit :

    Intéressante ton interrogation du début sur la place des jeux vidéos dans la société, surtout quant on voit comment s’est passé la sortie récente de GTA V. Et toujours en rebondissant sur la sortie du dernier blockbuster vidéo ludique avec ton article, les concepteurs de GTA V envisagent aussi que la majorité des joueurs ne finiront pas le jeu mais se perdront dans l’architecture de la ville représentée en flanant et se promenant dans les rues annexes à l’action, en allant au cinéma… Le jeu vidéo est vraiment dans une autre dimension.

    • Merci Julien. Il est également intéressant de savoir qu’un ami a fini GTA V et que selon lui la fin a été bâclé. D’ailleurs, de plus en plus de jeux proposent des niveaux intéressants durant la 1ere partie du jeu et répétitifs ou ennuyeux durant la seconde partie. Il a été en effet constaté que très peu de joueurs finissent leurs jeux, certains studios peu scrupuleux en ont bien pris acte. Mais ce qui m’interroge surtout, c’est le manque de volonté ou d’intérêt des joueurs pour passer une certaine difficulté. Le succès des jeux casual associé à ce phénomène-là démontre bien que les joueurs recherchent plutôt une certaine linéarité qu’une ascension verticale. Bref, le plaisir plutôt que l’effort. Hors, il me semble que c’est bien la réunion des deux qui donne les jeux vidéo les plus intéressants.

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