Amour dans une Petite Ville

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Dans notre quotidien, si l’on fait l’effort de quitter la routine intellectuelle et culturelle qui nous menace tous, alors s’offre à nous des univers entiers à défricher, qui seront source soit de petits plaisirs instantanés, soit de grands bouleversements intérieurs, ou bien encore d’états intermédiaires…

Bref, le fait de trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas à la base se nomme sérendipité. En voici une illustration concrète : médiateur culturel pour la jeunesse, je cherchais dans le catalogue de la médiathèque des livres ayant pour thème l’amour (ceci dans le cadre d’un atelier philosophique avec les enfants), et je tombe par hasard sur ce titre : Amour dans une petite ville. A priori rien de transcendant dans l’accroche et aucun rapport avec le travail que je devais effectuer, mais ma curiosité me poussa à fouiner dans les rayons pour dénicher ce livre de Anyi Wang et l’emporter avec moi. Ce soir-là, mon insomnie régulière (oui, je livre mon intimité à tes yeux, lecteur inconnu) m’a fait prendre à 3 h du matin ce livre de 15o pages et le reposer à 5h30, lorsque la dernière page fut tournée, et mon cœur chaviré…

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D’origine chinoise, Anyi Wang est une grande écrivaine, qui est publiée depuis 1976 en remportant de très nombreux prix littéraires. Amour dans une Petite Ville date lui de 1986 et fit grand scandale lors de sa publication en Chine. Comment décrire le choc de ce texte se déroulant lors de la révolution culturelle? Construit sans chapitre, le récit, plutôt que de narrer des faits et des intrigues, nous fait ressentir deux corps que tout oppose et qui s’aiment autant qu’ils se haïssent. Ce n’est pas un texte littéraire, c’est un texte charnel, fait de peaux, de sueur, de pleurs, de désirs, d’eaux du fleuve, d’eau de pluie, de la douceur des campagnes, du bruit de la ville, de regards fuyants, d’étreintes dansantes aussi brèves que passionnées…

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L’écriture de Anyi Wang, prodigieuse, nous emporte dans un tourbillon sensuel ou chaque mot devient tactile. La pulsion érotique lancinante et ensorcelante de cet Amour dans une Petite Ville devient au fur et à mesure des pages totalement hypnotique, et il devient impossible de lâcher le livre avant la dernière page. Les amateurs de scènes coquines peuvent passer leur chemin, on est plus proche ici de L’amant, le merveilleux chef-d’œuvre de Marguerite Duras, que de L’amant de Lady Chatterley.

Voici donc, pour conclure, les bienfaits de la sérendipité ! Démarrer une activité sur une recherche professionnelle pour les enfants et terminer par la découverte d’une auteur et d’un texte fascinant pour les adultes ! J’invite les lecteurs curieux à visiter le site des Editions Philippe Picquier, une maison d’édition spécialisée dans la littérature d’Extrême-Orient, et qui abrite en son sein de nombreux ouvrage de l’écrivaine Anyi Wang.

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2 commentaires pour Amour dans une Petite Ville

  1. Polina dit :

    Ta critique est édifiante, elle me donne vraiment envie de découvrir ce livre: aucune excuse s’il ne fait que 150 pages en plus !

  2. Merci Polina, j’espère que la lecture de ce roman chinois te plaira également !

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