La splendeur, Régine Detambel

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La splendeur. Déjà il y a une couverture, un format, une dangereuse invitation. Un livre à l’intérieur d’un livre, une mise en abîme. On ouvre la première page, on pose un pied dans le vide, et c’est la chute. Une chute vertigineuse dans l’Italie du XVIeme siècle, où naît (difficilement)  Girolamo Cardano (1501-1576), un être étrange et subversif,  qui allait révolutionner les mathématiques, la médecine et la philosophie, tout en baignant dans l’occultisme et l’astrologie. Cette infernale romance biographique faite de chair, de sang et d’esprit (frappeur) est racontée avec humour et flamboyance par un hôte tout particulier puisque il s’agit d’un…Démon ! Et un démon philosophe avec ça ! Eurêka (!), tel un père protecteur et attentif, suit le destin exceptionnel de son « Aimé » en le guidant, en l’inspirant et en lui soufflant d’innombrables concepts scientifiques et mystiques qui causeront la gloire puis la ruine de Girolama Cardano.

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Le récit nous entraîne dans un tourbillon totalement étourdissant où la puissance d’écriture de Régine Detembel règne en maîtresse déchaînée. Qu’est ce que la création ? D’où vient l’inspiration ? La splendeur interroge l’âme humaine, la retourne, la torture, puis la cajole, l’envoie valser dans les airs avant de lui faire mordre la poussière. Car, en étudiant le cas si singulier de Girolamo Cardano sous l’angle de l’Histoire et de l’Occulte, l’écrivaine offre en filigrane d’une écriture érudite et sauvage une riche réflexion sur les mystères de la pensée humaine. Mais point ici de pesants poncifs ou d’analyses poussiéreuses, on plonge corps et âme dans le bouillonnement créatif et ses répercussions sur soi, ses proches et la société tout entière. D’or et déjà l’un des sommets littéraires de 2014.

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Laissons les derniers mots à l’écrivaine : «  La Splendeur pourrait bien être ma première liberté romanesque, car je considère ce livre comme une incursion dans une zone de pure énergie. J’ai vraiment tout consenti à ce roman, lui ai tout abandonné — comme Cardano à son daimôn —, lui ai cédé tout ce qu’il me demandait, même le plus déraisonnable, le plus capricieux…
Disons que Cardano coiffé de son daimôn est la personnification de cette nouvelle énergie romanesque ! »

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