L’écrivaillon, Régine Detambel

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Ecriture, écriture…Ecrire, écrire sur l’écriture…Ecrire sur l’écriture ? Lire un écrit sur l’écriture ? Mais pourquoi ? Est-ce qu’on ne serait pas mieux avec une histoire d’agent secret britannique aux prises avec une secte aux méthodes expéditives sous fond de complot international remettant en question le fondement de la société judéo-chrétienne ? Ou alors lire et pleurer devant l’émouvant témoignage de cette femme veuve et enceinte qui fut la seule rescapée d’un terrible attentat intenté par un groupuscule analphabète ?

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Ce qu’il me semble intéressant avec les écrits d’écrivains sur leur écriture (!),  c’est cette troublante sensation d’aller au fond des choses, de contempler avec émerveillement le squelette de l’écrivain débarrassé de toute cette encombrante chair, et de pouvoir enfin  comprendre comment ça marche ! Et si cet écrit réflexif est doté d’un éclat littéraire peu commun, tel que L’écrivaillon de Régine Detambel, on ne peut que se délecter de sucer et ronger jusqu’à la moelle chaque morceau de ce fascinant squelette, qui gardera malgré tout son insaisissable aura.

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Alors que j’étais persuadé d’avoir fait le tour des « romans d’écriture » avec le bouleversant Devenir Carver de Raymond Barry (roman qui apaisa de plus la perte de mon père), voilà que, tel la cerise sur le gâteau, apparut dans ma main L’écrivaillon de Régine Detambel. Et quelle cerise cher lecteur ! Une cerise aux mille parfums, nous faisant ressentir la passion, la création, le doute, l’angoisse, la solitude, l’envol, bref tout ce qui anime cet écrivaillon dès qu’il s’agit (et qu’il s’agite autour de) son écriture. Le lecteur est entraîné dans ce roman (oui, et pas un essai !) divisé en de courts chapitres incisifs (« Saigner », « Dépasser », « Ecouter »…) qui narrent la naissance artistique et les incessantes transformations de l’auteur. Mais l’écriture ne peut être séparée de la vie de l’écrivain, et l’on sent bien en filigrane que le rapport à l’écriture suit le même cheminement que le rapport à la vie, que les deux sont inexorablement liés.

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Et même, cher lecteur, si vous n’avez jamais été tenté par les affres de la création littéraire, n’hésitez pas à lire ce court texte unique en son genre ! A titre personnel, j’ai un rapport extrêmement fort à la littérature. Je choisis mes ouvrages à lire d’une façon complétement intuitive (ou du moins sans tenir compte des mécanismes complexes du hasard et de la sérendipité), et cela me réussit totalement ! Chaque fois que je me suis engagé dans un livre avec un « but », le résultat fut plus que mitigé, soit le livre est carrément mauvais, soit ce n’était pas le bon moment pour moi de le lire. Une personne a dit un jour que « les livres peuvent nous attendre toute une vie », je suis totalement d’accord avec cela, cela n’a aucune importance que certains romans dorment depuis des années sur nos étagères, un jour, ils seront là pour nous…

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Et le même phénomène se produit avec l’écriture. Je lis ici et là que beaucoup d’écrivains adoptent une discipline de fer et des rituels immuables pour écrire. Voulant augmenter ma « production » littéraire, je me suis donc imposé un rythme régulier…Et ce fut une catastrophe ! Adieu, petites nouvelles incohérentes, adieu petits poèmes inconsistants, et bonjour la panne d’imagination ! En vérité, je n’étais plus heureux quand j’écrivais. Alors j’ai lu L’écrivaillon et cela m’a libéré, adieu les chaînes de la discipline, au revoir les menottes de la rigueur ! Et bienvenue à mon écriture anarchique qui frappe à ma porte n’importe quand, la bougresse ! Après une sieste, dans la nuit, un beau matin, je griffonne dans un étonnant état d’esprit, un mélange de concentration extrême et de lâcher-prise total ! Et n’allez pas croire que j’ai la folle idée de publier mes broutilles, c’est juste que j’aime écrire, j’adore ça !

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Bref…Après ce beau roman de Régine Detambel, repu et rassuré, je peux enfin me laisser divaguer par d’autres océans littéraires… Mais, mais que vois-je au loin ? MOUSSAILLON, ma longue-vue, VITE ! Voyons voir… Oh, c’est fabuleux, sur cette terre abandonnée, j’aperçois un trésor, il s’agit du vieux coffret J’ai Lu contenant l’intégrale des trois tomes du Fléau, le seul ouvrage des années 70/80 de Stephen King que je n’avais pas encore lu !!!

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Cher lecteur, je te souhaite donc un bel été et de belles lectures ensoleillées !

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Un commentaire pour L’écrivaillon, Régine Detambel

  1. Le sujet m’intéresse aussi. Et comme toi, je crois que « carcan » et création font mauvais ménage…

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