Shakespeare n’a jamais fait ça, Charles Bukowski

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Ah, Charles Bukowski ! Chaque fois que j’ouvre l’un de ses livres, c’est comme si je débouchais une bouteille de bon vin que j’apprécie tout particulièrement. Un breuvage de fort caractère, qui étourdit un peu, mais qui dévoile derrière sa brutalité une gamme de nuances tout simplement inédites. Et sans s’en apercevoir, voilà qu’on découvre qu’on a tout bu, qu’on arrive pas à se lever de la table, et l’on se dit alors qu’une sacrée gueule de bois nous attendra demain matin.

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Shakespeare n’a jamais fait ça est un bon millésime dans la cave du père Bukowski. Il s’agit du journal de bord de l’écrivain durant sa tournée de promotion européenne en 1978. Accompagné dans son périple par sa femme Linda Lee et le photographe Michael Monfort, Charles Bukowski pose son regard sur la France et l’Allemagne et en tire de sa plume une prose tout à la fois drôle, désespérée, enivrée et émouvante.

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L’alcool coule à flots le long de cette déambulation promotionnelle et quelque peu calamiteuse. L’écrivain relate son célèbre passage dans l’émission littéraire Apostrophes avec une relative indifférence, malgré les cris de joie ou d’indignation qu’ont suscité son attitude. Alcool ou pas, la carcasse de Charles Bukowski ne cadre vraiment pas avec l’univers aseptisé de la télévision; et l’on peut penser que cela devrait toujours un peu être comme ça, la littérature diffusée sur un appareil électro-ménager, un moment qui montre que les hommes n’ont pas à s’insérer dans un moule pour exister, écrire et prendre la parole.

Amusé et dérouté par tout ce monde qui s’agite autour de lui, l’écrivain se laisse emporter par le grand courant de la vie. Bon, quelquefois il en a marre et il le fait savoir ! Il a chaud, les gens, tous ces gens, l’assomment et il se demande ce qu’il fout là, plutôt que planté chez lui, devant sa machine à écrire. Heureusement, il y a tous ces moment de petite grâce, avec sa femme, Linda Lee, ses amis, le traducteur Carl Weisner et le cinéaste Barbet Schroeder, et son public, avec lequel il a une communion extraordinaire lors d’une lecture publique de poésie. Shakespeare n’a jamais fait ça est parsemé de très nombreuses photos de Michael Monfort, une jolie façon d’accompagner plus profondément l’intimité de ce géant de la littérature américaine.

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