Amère volupté, Eimi Yamada et Une journée de début d’automne, Sôseki

Pour les amateurs comme moi de littérature japonaise, les éditions Picquier sont une source inépuisable de bonheur. C’est en flânant dans les rayons d’un merveilleux bouquiniste de Louhans que j’ai découvert ce petit roman d’Eimi Yamada, Amère volupté. N’ayant que très rarement l’occasion de lire de la littérature érotique, je ne pouvais que saisir cette opportunité.

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Et bien m’en a pris, car ce fut une lecture très plaisante; on est saisi par le style brut et sans fioritures de l’écrivain, on attrape en plein vol la brève histoire d’une passion dévorante et parasitée par de troublants mystères émanant des deux partenaires, Kim et Spoon. Leur histoire d’amour est un flash aveuglant, où le désir sexuel est à la fois maître et esclave de ces deux personnalités complexes. On se prend à espérer un roman qui imaginerait le parcours de ces deux âmes avant de se rencontrer, le récit étant riche de sous-entendus. Amère volupté fait preuve d’une envoutante crudité stylistique et narrative, et donne envie de découvrir d’autres textes de son auteur, Eimi Yamada.

Ren_Hang-03(photo de Ren Hang)

On change complétement de style et d’époque avec Une journée de début d’automne de Sôseki, un petit livre déniché à la Boîte de pandore, une excellente librairie de Lons-le-Saunier.

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Constitué de sept courtes nouvelles écrites au tout début du XXeme siècle, ce recueil concentre l’essence de la beauté fragile et attentive de la littérature japonaise. Si la première nouvelle peut dérouter, c’est véritablement avec Le moineau au bec rose que l’on est transporté par la poésie sublime de Natsume Sôseki.

fa20130509t2a(Natsume Sôseki, 1867-1916)

Son style s’applique à rendre compte de moments à priori anodins du quotidien, mais l’auteur, avec son regard unique, observe de menus détails, des changements à peine perceptibles, qui, sous sa plume,  prennent toute leur véritable importance, leur signification poétique.

ippei131sanyou3(estampe de Okamoto Ippei)

Lire Sôseki, c’est prendre doucement conscience du temps qui passe, c’est accorder de l’importance aux petites choses, c’est avoir un regard bienveillant et détaché sur le monde. Une journée de début d’automne est un recueil précieux, un petit concentré de sagesse poétique qu’il sera bon de relire au fil de sa vie.

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