Détroit, Tour d’Horizon au Zénith de Dijon

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C’était il y a bien longtemps, de sombres héros de l’amer avaient surgi à la surface du rock français, faisant chavirer public et critiques. Album après album, Noir Désir s’imposa naturellement comme le fer de lance de toute une génération du rock hexagonal. Leur attitude et leur musique sans concessions permettaient à tous de s’agripper à ce sombre rocher musical, imperméable aux eaux troubles de la scène musicale française. Des visages, des figures marquait un changement de cap, une nouvelle exploration vers des courants plus expérimentaux. Puis est venu le drame, l’horreur. Le déchainement médiatique d’une presse hystérique. Et enfin le silence, pesant.

Ce fut d’abord quelques échos, des essais, des tentatives de renouer avec le passé, des ratages. Puis certainement une rencontre. La rencontre avec Pascal Humbert. Et un nom : Détroit. Le premier titre, Droit dans le soleil, est un choc. Aveuglant, lumineux, émergeant des ténèbres comme un poing levé face à la monstrueuse obscurité.

L’album qui suivit, Horizon, fut à la hauteur de ce premier titre. Un album de rock expérimental et poétique, libéré de toutes contraintes, libre de ramper, marcher , courir et s’envoler. Très haut. Restait à découvrir ce projet miraculeux en live, avec la fébrilité de retrouver cette bête de scène qu’est Bertrand Cantat.

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Zénith de Dijon, 20 Novembre 2014. La première partie, Willis Drummond, est fulgurante. Chantées en langue basque, les compositions de ce jeune groupe sont des déflagrations Noisy-rock teintées de Métal qui laissent augurer du meilleur pour la suite. Entracte. Les lumières s’éteignent. Deux écrans de taille différente créent une ambiance à part, un étrange mélange de portraits féminins, de formes géométriques minimalistes et d’abstractions envoutantes. Le groupe arrive et entonne l’ode à Ma muse. Et un nouveau choc. La poésie rock dans sa nature la plus sauvage. Les titres de de Détroit sont retravaillés façon blues expérimental. A la force tranquille et imposante de Pascal Humbert réponds la félinité enragée et fragile de Bertrand Cantat. Les deux capitaines sont soutenus par trois équipiers de grande qualité. Un titre de Noir Désir arrive sur le rivage. Incompréhension. Pourquoi ne pas explorer les terres riches de Détroit plutôt que de plonger dans un passé douloureux ?

La réponse arrive avec Le fleuve. Parce que c’est la même matière, la même terre, la même eau. Le passé est propulsé dans l’Horizon. Un ange passe. Bertrand Cantat, complétement habité par sa poésie rocailleuse, est à la hauteur de sa réputation scénique. Un grand moment de rock se dessine. Tout le groupe est au diapason, Détroit est immense.

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Pause. Retour. Bertrand Cantat à la guitare, Pascal Humbert à la contrebasse. Droit dans le soleil. Au coeur de Détroit, mise à nu totale, frissons. Sa majesté embarque le public au fond des cales inondées de rouge, là où danse une jeune femme asiatique sur une musique hallucinée de marins louches. Le travail sur les écrans vidéo est magistral.

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La révolte gronde, la mer se déchaîne, la tempête Tostaky est là et va tout dévaster sur son passage. Incandescence totale, l’eau prend feu, la musique devient folle, le public exulte. Le morceau se tord, se disloque, se réinvente soudainement en une ahurissante rythmique Techno-rock qui envoie le monde dans les étoiles avant de le ravager dans un raz-de-marée final. Dantesque.

Le vent nous portera annonce le retour à la terre ferme. Des vagues de rappel démontrent l’incroyable générosité de Détroit, sa puissante reprise d’un titre de Neil Young accompagné par Willis Drummond clôt définitivement le voyage. Retour sur la plage, hagards, pas de coquillages à ramasser, mais un vinyle et un t-shirt pour garder la trace de ce moment. L’Horizon de Détroit est infini.

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