Mad Max : Fury Road, George Miller

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Le genre post-apocalyptique a débuté réellement au cinéma avec un « petit » film australien, Mad Max, réalisé en 1979 par un certain George Miller. Tous les éléments de notre monde sont là, présents, mais déformés sous un angle ultra-pessimiste, où la loi du plus fort règne en maître. Incarné à la perfection par un jeune acteur du nom de Mel Gibson, Max tente bien que mal de donner un sens à ce chaos social et écologique grâce à son métier de policier et sa petite famille. Mais un drame terrible va subvenir et anéantir l’humanité de cet homme rempli d’espoir et de justice. Une légende est née.

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Ce classique des années 70 verra dans les années 80 une suite complétement différente de l’original mais tout au moins réussie. Mad Max 2: le Défi  pousse son personnage principal dans une course-poursuite épique et hallucinée où l’humanité de Max a laissé place à un personnage uniquement guidé par la survie. Ces deux volets ont la particularité de repousser les limites du cinéma d’action, les cascades automobiles sont anthologiques, la réalisation de George Miller passe du punk (le 1er volet) au western (le 2eme volet) et donne des idées à nombre de producteurs qui vont copier et recopier à outrance l’univers de Mad Max pour donner finalement un nom à ce genre spécifique : le post-apocalyptique.

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, alors qu’on s’attendait à un final mystique, quasi christique pour les dernières aventures de Mad Max, le 3eme volet, Au-delà du dôme du tonnerre, est un ratage total, vaguement sauvé de quelques bonnes idées. Puis George Miller changea son fusil d’épaule et explora d’autres genres cinématographiques ( des Sorcières d’Eastweek à Happy Feet en passant par Babe).

(le tube de Tina Turner à l’occasion de la sortie du 3eme volet)

L’annonce d’un 4eme volet fit frémir d’impatience tous les fans du cinéma d’action et fantastique. Comment George Miller allait-il redémarrer la saga ? L’annonce de la non-participation de Mel Gibson fut très déroutante, imaginez-vous par exemple un autre acteur que Harrison Ford pour jouer Han solo ? Bref on s’installe dans la salle en trépignant, on boucle sa ceinture, et on démarre…

Dès le générique, tout est là, la rouille, le monde en ruine, on sent que ça va être grand. Mais on peut se planter aussi. Au premier plan apparaît un lézard à deux têtes, petite création numérique parfaitement réussie mais qui renvoie aux aberrations des petits frères dégénérés de la saga Mad Max, voir aux détestables incrustations numériques de la saga Star Wars revue et déformée par son créateur George Lucas. A l’arrière plan, Max et sa voiture. Le lézard s’approche de Max qui l’écrase et le bouffe ! Crac, la note d’intention est dite : « les cocos, vous êtes bien gentils avec vos effets numériques, mais laissez-moi vous montrer comment faire du cinoche qui va vous en mettre plein la tronche. »

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Et le film peut commencer. Enfin la scène d’action peut commencer. Car Mad Max : Fury road n’est « que » ça, une scène d’action (avec ses accélérations et ses ralentissements), une cascade de deux heures, complétement dingue, spectaculaire et inouïe. La beauté de la photographie est écrasante, le contraste entre le bleu du ciel et le sable du désert est incroyable, on n’en croit pas ses yeux. Le film se paie le luxe de laisser dans un premier acte Max complétement passif au milieu de l’enfer qui se déchaîne autour de lui.

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George Miller ose faire de Max un personnage en retrait, en cela le choix de Tom Hardy est excellent, même si on très loin de retrouver la puissance iconique incontestable de Mel Gibson. A ses côtés brille Charlize Theron, une émouvante guerrière qui ne reculera devant rien pour arriver à changer le destin des femmes. L’univers des « Wild Boys » est à tomber à la renverse par sa grandiloquence et sa folie religieuse. Cette société patriarcale et dégénérée a inventé un système exubérant de bêtise et d’avilissement, on peut même y déceler une féroce critique des mouvements intégristes religieux. Une foule de personnages défile devant nos yeux éberlués par tant de déchaînement esthétique.

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Tambours et guitares scandent le rythme soutenu du film (excellente musique de Junkie XL) qui n’en finit pas d’enchaîner des scènes d’action grandioses les unes après les autres. La caméra de George Miller ne se contente pas de filmer ce chaos de chair et de métal, elle EST le chaos. Elle s’empare des êtres, des véhicules, des rochers et même du ciel pour accomplir son œuvre. Il n’y a aucune limite à respecter, et même si quelques longueurs apparaissent au 3eme acte, c’est bien peu de choses dans ce déluge de poussière mécanique.

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Sale temps pour les copieurs, car en réduisant son scénario au néant (aller du point A au point B), George Miller démontre que c’est le style d’un réalisateur qui fait un grand film et pas uniquement une bonne histoire. C’est un pur bonheur tribal d’assister à cette résurrection inespérée, espérons que la suite soit à la hauteur de ces furieuses retrouvailles.

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