L’Eau et les Rêves, Gaston Bachelard

719Q2Hc07zL

Peut-on imaginer, en littérature philosophique, un texte plus poétique que L’Eau et les Rêves, ce merveilleux essai du grand philosophe française Gaston Bachelard écrit en 1942  ?

Si les premières pages demandent un grand effort de concentration auquel n’est plus habitué (du moins pour les dilettantes de la philosophie comme moi), on se laisse ensuite facilement emporter par la prose érudite et majestueuse de Gaston Bachelard. Le texte va s’appliquer en plusieurs chapitres à analyser l’élément Eau dans la littérature : les eaux amoureuses, les eaux profondes, l’eau féminine…

Gaston Bachelard (1884-1962)

Gaston Bachelard (1884-1962)

Dès le premier chapitre, avec l’étude du thème mythologique de Narcisse en particulier, on est soufflé par la pertinence de l’analyse d’un sujet dont on pensait avoir fait le tour. Le philosophe nous donne matière à réflexion pour envisager de manière sensiblement différente l’approche intellectuelle que nous avons de décrypter des éléments littéraires et leur symbolisme. Mais c’est avec le deuxième chapitre consacrée à l’écrivain américain Edgar Allan Poe que cet essai magistral et unique en son genre va nous transporter. La morbidité latente des eaux décrites par Poe est un écrin parfait pour le philosophe qui va plonger tout au fond des rêveries aquatiques de textes savamment choisis pour en révéler les mécanismes intérieurs.

Edgar Allan Poe (1809-1849)

Edgar Allan Poe (1809-1849)

Dépassant de loin son statut initial d’étude psychanalytique de l’élément eau dans la littérature, Gaston Bachelard transcende sa réflexion et pousse son texte jusqu’à une merveilleuse méditation poétique. Suivant ses connaissances, on peut être plus ou moins intéressé par les œuvres analysées, mais force est de constater que le texte de L’Eau et les Rêves est si passionnant que l’on peut s’en délecter aisément pour lui-même. La fin de l’essai est spectaculaire et c’est avec un grand plaisir qu’on lit les chapitres consacrés à la suprématie de l’eau douce (terrestre) sur l’eau marine, à l’analyse du mythe de Poséidon, et à l’eau violente. La magistrale conclusion personnelle et poétique termine de façon parfaite ce précieux ouvrage, nous rappelant notre besoin (parfois enseveli) de rêverie naturelle et naturaliste.

Cet article, publié dans Philosophie, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s