Cent vues du mont Fuji, Dazai Osamu

Cent vues du mont Fuji

On ne peut que saluer le formidable travail éditorial des Éditions Philippe Picquier quand on découvre le recueil de nouvelles Cent vues du mont Fuji de l’écrivain japonais Dazai Osamu (1909-1948) : superbe couverture, photos de l’auteur dans son quotidien et une brillante postface du traducteur Didier Chiche.

Dazai Osamu

Même si la comparaison peut sembler périlleuse, on peut rapprocher le choc littéraire que représente la lecture de Dazai de la prose alcoolisée et grivoise de l’écrivain américain Charles Bukowski (1920-1994). On retrouve chez les deux hommes le même penchant pour les femmes et l’alcool, une désillusion totale face à l’existence et surtout le même cadre littéraire, l’expérience de soi pour nourrir son œuvre littéraire.

"Cent vues du mont Fuji" est une série d'estampes réalisées par Hokusai Katsushika (1760-1849). Cette série fait suite à la célèbre "Trente-six vues du mont Fuji" d'où est tiré le tableau ci-dessus, "La Grande Vague de Kanagawa" (1830).

« Cent vues du mont Fuji » est une série d’estampes réalisées par Hokusai (1760-1849). Cette série fait suite à la célèbre « Trente-six vues du mont Fuji » d’où est tiré « La Grande Vague de Kanagawa » (1830).

Cent vues du mont Fuji peut se lire comme une fulgurante immersion dans la vie de l’écrivain, depuis l’évocation de sa famille dans Mes frères jusqu’à sa dernière nouvelle publiée avant son suicide en 1948, Les cerises. La personnalité complexe de Dazai Osamu est admirablement rendue dans un style à la subtilité enchanteresse. On sourit de nombreuses fois en lisant les tourments intérieurs de l’écrivain qui le poussent bien souvent à faire exactement le contraire que sa raison lui dicte !

Dazai Osamu 2

Sans aucune pitié avec lui-même, Dazai porte un regard désabusé et cynique sur le monde qui l’entoure. Les infimes détails de son quotidien sont source d’inquiétude et d’agacement, les relations sociales sont biaisées, l’auteur ne dévoilant jamais le fond de sa pensée et surprenant toujours son entourage par la brusquerie de ses actions et paroles.

Si une certaine débâcle existentielle parcourt l’ensemble des dix-huit nouvelles du recueil, celle-ci est transcendée par la grâce poétique qui habite l’écrivain. Malgré son amertume, Dazai Ozamu cultivait un profond amour de la vie, sa Foi lui apportait une douce contemplation de l’univers et l’écriture lui donna l’éternité.

« Tant que vivrons ces rosiers, je serai souverain dans le fond de mon cœur. »

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