Star Wars : L’Espoir, le Désespoir et le Renouveau

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Star Wars. En deux mots, tout est dit et tout est à dire. Jamais un univers cinématographique n’aura autant marqué la culture mondiale que cette grande saga de science-fiction créée par le réalisateur américain George Lucas en 1977. Un nouvel espoir embarque les spectateurs pour un voyage intergalactique inoubliable. Dans une galaxie lointaine se déroule un combat cosmique entre les forces du bien et l’empire du mal incarné par le monolithique Dark Vador, qui devient instantanément et jusqu’à aujourd’hui la représentation la plus fascinante et iconique du mal à l’écran. Puisant dans un tourbillon de sources religieuses, historiques et cinématographiques, George Lucas construit une mythologie qui incarne nos plus profonds désirs héroïques et rêves d’évasion. Aidé par l’inoubliable partition de John Williams (qui composera toutes les musiques de tous les films), des effets spéciaux innovants et impressionnants ainsi qu’une attention minutieuse portée à chaque détail de cet univers lointain (galerie de créatures et de robots nous laissant imaginer l’étendue infinie des récits  qui pourraient se construire), le scénario nous emporte avec un savant mélange d’humour et de gravité, de légèreté et de profondeur dans une quête épique et mystique qui changera à jamais le paysage culturel mondial.

Star Wars IV 2

En 1980, George Lucas délègue sa fonction de réalisateur au cinéaste Irvin Kershner. Le résultat dépasse toutes les espérances. L’Empire contre-attaque transcende son prédécesseur en noircissant considérablement l’ambiance de l’univers, en donnant une dimension shakespearienne au conflit familial qui sous-tend le récit et, tout en respectant le style cinématographique de George Lucas, accumule une telle quantité de scènes anthologiques qu’il reste considéré encore aujourd’hui comme l’un des plus beaux films de science-fiction. Le côté obscur de la force n’a jamais été aussi présent que dans cet opus, la dimension mystique de la saga prend toute son ampleur dans l’émouvant apprentissage de Luke par Maître Yoda, et tous les personnages de la saga appuient leur statut iconique. Tout en distillant une grande dose d’humour et d’aventure, la saga s’assombrit et on retient son souffle en attendant un troisième épisode qui devrait toucher au firmament.

Star Wars V

Et c’est bien là, en 1983, avec la sortie du Retour du Jedi, que les problèmes commencent. George Lucas gagne des montagnes d’argent avec ses produits dérivés et ne tient pas à ce que sa saga s’enfonce encore plus dans la noirceur. Le script original qui voyait le sacrifice héroïque de Han Solo et la tentation encore plus grande de Luke Skywalker de tomber du côté obscur est écarté au profit d’un scénario plus familial avec l’introduction entre autre des charmants Ewoks. Le réalisateur Richard Marquand peine à trouver ses marques dans cet univers codifié et protégé mais réalise malgré tout un excellent épisode qui, une fois de plus, nous présente un univers vertigineux de par la diversité des mondes et créatures, nous émeut par le terrible destin de la famille Skywalker et nous offre de spectaculaires effets spéciaux.

Star Wars VI

Les années passent et la colère grandit chez les fans qui, en 1997, redécouvrent la saga au cinéma dans une version caviardée d’insertions numériques absolument épouvantables sur le plan artistique et donnant un rythme visuel complétement bancal à un univers cinématographique réputé notamment pour sa grande cohérence. Mais le drame ne s’arrête pas là, car au fur et à mesure des années, tel un enfant massacrant son beau château de sable, George Lucas n’aura de cesse de trafiquer stupidement son œuvre pour la faire coïncider coûte que coûte avec le désastre artistique de sa nouvelle trilogie, les épisodes I, II et III.

La déception est totale quand le public découvre en 1999 La Menace fantôme. D’une fadeur esthétique peu commune due à l’abus des techniques numériques et d’un scénario infantilisant, cette préquelle déçoit également par la réalisation pataude et le rythme lénifiant que lui donne un George Lucas démiurge qui croyait retrouver intact son talent après plus d’une vingtaine d’années sans réaliser de films. Les critiques assassines poussent le réalisateur à provoquer les fans de la saga en prétextant que c’est eux qui ont perdu leur âme d’enfant et que l’ancienne trilogie sans les rajouts ne verra jamais le jour.

Star Wars I

Malgré cela, on sent que pour L’attaque des Clones sorti en 2002, le tir a été rectifié et offre une dose d’éléments appartenant à la trilogie classique. Malgré tout, le résultat supporte très mal le poids des ans et on ne peut que désespérer devant ce spectacle dénué de toute la magie de la saga (les explications rationnelles pleuvent tout au long de cette nouvelle trilogie sans que le spectateur en ressente le moindre effet émotionnel ou spirituel, surtout concernant le traitement scandaleux de la Force). De plus, est sorti en 2001, la magistrale adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson, qui est en quelque sorte le Star Wars que tout le monde attendait : épique, poétique, sombre, drôle et émouvant.

Attack of the Clones

George Lucas aura mis au final 6 ans pour retrouver son talent de réalisateur et délivrer sur le pouce en 2005  le dernier volet de sa nouvelle trilogie, La revanche des Sith, qui surprend par sa noirceur. La direction d’acteur prend de l’ampleur tout comme l’intensité dramatique, malgré tout, on reste frustré par cette lecture cabotine de la naissance du seigneur noir, le terrible Dark Vador.

Exit George Lucas, bien décidé à laisser la main aux jeunes générations plus respectueuses de son œuvre que lui-même ! Et bienvenue à J.J. Abrams, un réalisateur connu pour son style empreint d’une belle douceur nostalgique empruntée aux productions des années 80 du couple Spielberg/Lucas. Si sa relecture de Star Trek avait très agréablement surpris les fans de la saga et le grand public, c’est véritablement avec l’émouvant Super 8  que le réalisateur trouvait son style propre et donnait espoir aux déçus des égarements de George Lucas de retrouver cette fibre qui a fait de Star Wars le phénomène mondial qu’il est devenu.

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Autant le dire tout de suite, l’épisode VIII Le Réveil de la Force est l’écrin parfait pour le réalisateur qui signe ici son meilleur long-métrage. Très intelligemment, J.J. Abrams reprend le style cinématographique de son illustre prédécesseur et va tranquillement le faire évoluer tout au long du récit, ce qui donnera lieu à de magnifiques effets de caméra, que ce soit dans les fabuleux combats aériens ou les rapports entre personnages. A nouvelle trilogie, nouveaux personnages, et on trouve là une merveilleuse idée, à savoir celle de placer les jeunes protagonistes au même niveau que nous, à savoir l’aura mythique que représente les personnes et les événements qui ont eu lieu il y a fort longtemps…

Ainsi, on marche dans les pas du mythe, illustré par les nombreuses carcasses de vaisseaux abandonnés avant que les icônes n’apparaissent à leur tour à l’écran. Les deux sagas se retrouvent ainsi liées pour le meilleur, retrouvant toute la magie de l’épisode IV, Un nouvel espoir. C’est d’ailleurs à la fois le point fort et le point faible du film, car si il marche parfaitement dans les bottes de ses illustres ainés, il ne s’en détache pas non plus, préférant retravailler subtilement les codes de l’univers Star Wars à travers une série d’idées magnifiques. Le compositeur John Williams est de la partie et nous offre une partition extrêmement bien travaillée, les effets spéciaux sont bien sûr irréprochables et surtout toujours au service d’un récit trépidant, mené tambour battant par un formidable duo d’acteurs (John Boyega et Daisy Ridley) qui, en quelques répliques, nous rappellent combien nous avait manqué l’esprit originel de la saga.

Star Wars: The Force Awakens L to R: BB-8 w/ Rey (Daisy Ridley) Ph: David James ©Lucasfilm 2015

Kylo Ren, le personnage maléfique qui hante le film, est une figure des plus intéressantes, car une fois de plus, comme les spectateurs, il se rêve en personnage de Star Wars, en l’occurence Dark Vador. Ce bad guy au look charismatique révélera comme son prédécesseur des fêlures sur lesquelles il ne pourra revenir, ce qui entrainera un acte absolument terrible. On est également subjugué par cette mystérieuse éminence noire qu’est Snoke, ses apparitions sont d’ailleurs peut-être le traitement graphique le plus original du long-métrage; l’ambiance bleutée, épurée et mystique  de la salle où il apparaît laisse espérer une nouvelle direction esthétique pour le côté obscur, un sentiment renforcé par le splendide décor du combat final au sabre-laser où Star Wars retrouve profondément sa dimension de conte.

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L’épilogue assomme le spectateur déjà conquis par sa force tranquille qui montre la force sous son jour le plus lumineux. Sur un chemin de pierre rappelant forcément les origines taoïstes de la Force, la beauté de la nature est contemplée comme l’émanation la plus pure de la Force, c’est avec une foi absolu que J.J. Abrams filme cette scène magistrale où l’apprenti peut enfin contempler la Force dans son incarnation la plus humaine, isolée et imparfaite, mais pleine de sagesse et de compassion. La barre est haute, vraiment très haute pour les épisodes VIII et IX, mais ne soyons pas tristes que J.J. Abrams cède sa place de réalisateur à d’autres, peut-être n’aurait-il pas pu aller plus loin que dans ce formidable Réveil de la Force qui réussit l’exploit de réunir dans un même élan de générosité tous les amoureux de la saga, aussi bien dans que devant l’écran !

Star Wars: The Force Awakens Ph: Film Frame © 2014 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved..

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2 commentaires pour Star Wars : L’Espoir, le Désespoir et le Renouveau

  1. Pauline dit :

    Presque un an plus tard, je lis ton article, et je ne peux qu’approuver ce que tu dis sur « Le Réveil de la Force ». Je suis ton avis sur les précédents épisodes, on va dire que je ne me sens pas assez légitime pour tenter de débattre !

    Bref, te lire m’a collé des frissons, la musique, les images me sont revenues, et je me dis que je regarderais bien ce septième épisode à nouveau…

    (Ahahah, je commentaire est bien moins percutant que ce que je voudrais, mais on aura l’occasion d’en reparler de vive voix je crois ! 🙂 )

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