Te rejoindre, Charles Juliet

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Défricheur de l’intériorité, poète de l’intime, Charles Juliet a pris le temps de créer une œuvre importante, qui restera dans l’histoire de la littérature française. La parole de l’auteur est posée, profonde et soucieuse de trouver le mot juste afin de donner une clarté absolue à son propos. L’homme et son art ne font qu’un, comme on a pu le constater en l’écoutant dans les émissions télévisées de La Grande Librairie (sur France 5), où l’auteur fut invité à plusieurs reprises avec un grand enthousiasme par François Busnel.

J’ai déjà eu la chance d’entendre la voix de Charles Juliet il y a quelques années lors d’une rencontre organisée par une bibliothèque de l’Ain, et j’avais été frappé par le rythme sourd, lent et profond qu’il donnait à ses textes lus à haute voix. C’est donc avec un grand intérêt que je découvrais récemment dans la collection de livres audio La Bibliothèque des voix un recueil de textes issus de Lambeaux, Moissons et Te rejoindre lus par l’auteur lui-même et ayant comme trait commun d’évoquer sa mère inconnue.

J’ai écouté ce CD en voiture tandis que la grisaille et la pluie s’abattaient sur une matinée pourtant printanière. Dès les premiers mots, forts, arides et sensibles, j’ai été transporté d’émotion par le destin cruel de cette femme solitaire et tourmentée dont les dernières années furent un enfer au sein d’un hôpital psychiatrique durant la seconde guerre mondiale. Avec toute la gravité et la retenue qu’on lui connaît, Charles Juliet lit son texte patiemment, et nous bouleverse. Que ce soit dans les intonations ou les silences, on ressent profondément la sagesse douloureusement acquise qui se dégage de la voix de ce grand écrivain.

On apprend dans le livret que Charles Juliet avait déjà enregistré deux œuvres dans la même collection: L’incessant (suivis de poèmes et autres textes lus) et J’ai cherché. Je suis vraiment curieux d’écouter ces deux disques, ainsi que quelques autres qui ont retenu mon attention parmi le riche catalogue de cette belle collection: Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (lu par Catherine Deneuve), A la recherche du temps perdu de Marcel Proust (lu par Jean-Louis Trintignant), La jeune fille et l’enfant de Marguerite Duras (lu par l’auteur) et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (lu par Arielle Dombasle).

Je conseille vraiment à tous les lecteurs de tenter ne serait-ce qu’une fois l’écoute d’un livre audio; c’est une façon singulière de redécouvrir une œuvre littéraire qu’on aimé et de la faire résonner de nouveau en nous mais sous un éclairage différent: la voix d’un lecteur autre que nous…

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